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76ème feminicide conjugal : stop ou encore ?


C'est le 76ème féminicide conjugal perpétré en France en 2023, soit une femme tuée tous les 3 jours par un compagnon ou un ex.

Un chiffre à minima, vu qu'il est collecté par des militantes féministes bénévoles qui traquent tous les jours l'information dans les médias.

Il y a un an, le 1er septembre 2022, on en était à 79 féminicides.

Rien ne change !

Dans 40% des cas, le crime a été commis au moment ou après la séparation.

C'est dire combien il est déplacé et cruel de reprocher aux femmes victimes de violences conjugales de "ne pas partir", alors que c'est justement au moment où elles partent qu'elles sont le plus exposées !

On parle souvent de femmes tuées "sous les coups" de leurs compagnons, or la mise à mort est souvent beaucoup plus barbare : brûlées, écrasées par une voiture, ici achevée à la machette devant son fils âgé de 3 ans. Karen avait déjà porté plainte en 2017 pour violences conjugales, une plainte qui a été classés sans suite comme dans 80% des cas si on en croit les chiffres de l'Inspection générale de la justice. Sans parler de tout ce qu'elle a subi de la part de cet individu : harcèlement, diffamation, revenge porn, non-respect de l'ordonnance de protection que le Juge des affaires familiales avait imposé au futur criminel, lui interdisant d'approcher la victime (c'est rare que le JAF octroie une ODP, c'est vraiment qu'il y avait matière), non-paiement de la pension alimentaire, soit une violence économique vengeresse d'un homme qui avait décidé que son ex n'avait plus le droit de vivre en paix, de vivre tout court, du moment qu'elle avait décidé de vivre sans lui !

Pour information, la France a ratifié la Convention d’Istanbul contre les violences de genre. Le GREVIO, Groupe d’expert-es spécialisé et indépendant, chargé de veiller à la mise en œuvre de cette Convention, a été on ne peut plus sévère dans son rapport publié en 2020 : manque de prévisibilité des financements publics, insuffisance alarmante de dispositifs d’hébergement spécialisés, faible nombre d’ordonnances de protection délivrées avec des délais trop longs, et j'en passe.

Nous, féministes, réclamons :

  • 2 milliards pour pérenniser les moyens des associations, recruter des référent-es en permanences dans les gendarmeries, les commissariats et les services des étranger-es des préfectures, former les magistrat-es, les personnels de santé, les médecins du travail, les infirmièr-es scolaires, renforcer les CIDFF ;

  • Une vraie éducation contre le sexisme et à la vie sexuelle et affective à l’école, à tous les stades de la scolarité (Pap Ndiaye avait fait des promesses en octobre dernier après avoir reconnu que la loi de 2001 concernant les trois séances par an n'était pas appliquée, quid ?)

  • La formation initiale et continue obligatoire des professionnel-les qui sont en contact avec les victimes dans les secteurs de la santé, du travail social, de la justice, de la police, de la gendarmerie, des universités et des écoles ;

  • Des campagne de prévention en continu à la télévision, à la radio, en affichages publics, sur internet ;

  • Plus d'ordonnances de protection, et que les policier-es les proposent systématiquement à chaque dépôt de main courante ou de plainte pour violences conjugales ;

  • Généraliser les cours criminelles départementales à tout le territoire, avec des magistrat-es formé-es, comme en Espagne, où des tribunaux dédiés aux violences conjugales jugent ces affaires en 15 jours !

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