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lun. 22 janv.

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Marseille - Iméra

"L'intelligence artificielle au service du travail, des travailleurs et de la société : une utopie concrète ?"

Avec Ewan Oiry, professeur au Département d'organisation et ressources humaines, Université du Québec à Montréal, et Antonio Casilli, auteur d'En attendant les robots (Seuil, 2019), professeur de sociologie à Télécom ParisTech et chercheur à l’Institut interdisciplinaire de l’innovation (CNRS).

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"L'intelligence artificielle au service du travail, des travailleurs et de la société : une utopie concrète ?"
"L'intelligence artificielle au service du travail, des travailleurs et de la société : une utopie concrète ?"

Heure et lieu

22 janv. 2024, 17:30 – 19:30

Marseille - Iméra, 2 Place Leverrier, 13004 Marseille, France

À propos de l'événement

Le projet de recherche d’Ewan Oiry, mené à l’Iméra,Institut d’études avancées d’Aix-Marseille Université, vise à explorer les évolutions actuelles du rapport des individus et de la société au travail, en se concentrant sur les dispositifs de gestion médiatisant les formes récentes de rapport au travail. En mettant l’accent sur les outils d’intelligence artificielle, l’étude examine comment ces dispositifs transforment le travail et interroge les conditions pour concevoir une intelligence artificielle au service des travailleurs. Pour cela, Ewan Oiry mobilise le cadre conceptuel de Simondon pour une analyse originale du management algorithmique et de ses implications sur le travail et les compétences, les subjectivités et émotions des travailleurs, ainsi que les enjeux éthiques.

Pour Antonio Casilli, l’essor des intelligences artificielles réactualise une prophétie lancinante : avec le remplacement des êtres humains par les machines, le travail serait appelé à disparaître. Si certains s’en alarment, d’autres voient dans la « disruption numérique » une promesse d’émancipation fondée sur la participation, l’ouverture et le partage. Les coulisses de ce théâtre de marionnettes (sans fils) donnent cependant à voir un tout autre spectacle. Celui des usagers qui alimentent gratuitement les réseaux sociaux de données personnelles et de contenus créatifs monnayés par les géants du Web. Celui des prestataires des start-ups de l’économie collaborative, dont le quotidien connecté consiste moins à conduire des véhicules ou à assister des personnes qu’à produire des flux d’informations sur leur smartphone. Celui des microtravailleurs rivés à leurs écrans qui, à domicile ou depuis des « fermes à clic », propulsent la viralité des marques, filtrent les images pornographiques et violentes ou saisissent à la chaîne des fragments de textes pour faire fonctionner des logiciels de traduction automatique. En dissipant l’illusion de l’automation intelligente, Antonio Casilli fait apparaître la réalité du digital labor : l’exploitation des petites mains de l’intelligence « artificielle », ces myriades de tâcherons du clic soumis au management algorithmique de plateformes en passe de reconfigurer et de précariser le travail humain.

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